Vous avez entendu parler de l'existence de droits de photocopie Qu'en est-il précisément?
En droit français, avant d'utiliser, sous quelque forme que ce soit, l'oeuvre d'un auteur, il faut obtenir son autorisation ou celle de ses ayants droit. En ce qui concerne la reproduction par reprographie - la photocopie - l'expérience a montré que ni les auteurs, ni les éditeurs n'étaient en mesure de gérer individuellement leurs droits.
La loi du 3 janvier 1995, devant les dommages causés à l'édition par l'abus de cette pratique, a donc prévu que le droit de copie soit traité collectivement par les auteurs et les éditeurs au travers d'une société créée à cet effet.
Le Centre Français d'exploitation du droit de Copie (CFC), géré paritairement par les auteurs et les éditeurs, constitue depuis son agrément par le ministère de la Culture (arrêtés du 23 juillet 1996 et du 17 juillet 2001) l'unique société en France habilitée à gérer les droits de reprographie pour la presse et le livre. Une autre société, la SEAM (Société des Éditeurs et des Auteurs de Musique), a également été agréée pour les partitions de musique.
Ainsi, tout organisme effectuant des photocopies de pages de livres ou d'articles de journaux doit signer un contrat avec le CFC pour que ces reproductions soient licites.
Depuis le début de l'année 2000, tous les collèges et les lycées, publics et privés sous contrat, ont signé un contrat avec le CFC. En contrepartie, chaque établissement lui verse une redevance annuelle destinée à rémunérer les auteurs et les éditeurs des oeuvres reproduites.
C'est donc en toute légalité que vous pouvez photocopier des extraits de publications protégées (livres, journaux, revues, partitions de musique) pour les besoins de vos cours.
Mais, attention, cette autorisation comporte en contrepartie, quelques obligations qu'il faut connaître et respecter. Nous avons voulu, dans cette rubrique, répondre aux principales questions que vous nous posez régulièrement.
Qu'est-ce qu'une oeuvre protégée?
Une oeuvre protégée est définie par le Code de la Propriété intellectuelle comme une création originale, portant l'empreinte de son auteur.
Sont concernées par le contrat du CFC, toutes les oeuvres protégées qui ont fait l'objet d'une publication.
En tant qu'enseignant suis-je concerné par la loi sur la reprographie?
Oui, puisque vos fonctions vous amènent à réaliser des photocopies d'oeuvres protégées qui ne sont pas destinées à un usage privé mais distribuées à vos élèves.
Que dois-je faire pour être en règle avec la loi?
Comme indiqué ci-contre, c'est à votre établissement qu'il revient de signer un contrat avec le CFC. Mais, en tant qu'enseignant, vous devez respecter certaines règles
- vous devez mentionner, à proximité de l'extrait reproduit, les références bibliographiques de l'oeuvre photocopiée. C'est avant tout une question de rigueur intellectuelle; l'élève doit savoir d'où est extrait le texte qu'il a sous les yeux.
- vous êtes autorisé à photocopier uniquement des extraits de publications : environ 10 % d'un livre ou d'une partition de musique et 30 % d'un périodique, par acte de reproduction.
Puis-je effectuer des photocopies de livres ou de journaux étrangers?
Oui, le CFC gère les droits de reprographie pour toutes les oeuvres photocopiées sur le sol français (critère territorial). Le contrat signé avec le CFC vous autorise donc à effectuer des reproductions de publications étrangères. Dans ce cas, le CFC reverse les redevances correspondantes aux sociétés qui, dans chaque pays concerné, gèrent les droits de copie : chaque société répartit ensuite les sommes qui reviennent aux auteurs et aux éditeurs, selon la législation de leur pays.
Puis-je photocopier l'intégralité d'une publication?
Non, c'est une contrefaçon, passible de sanctions pénales. Cependant, s'il s'agit d'une oeuvre que vous n'arrivez pas à vous procurer, vous pouvez adresser une demande particulière au CFC qui vérifiera auprès de l'éditeur que la publication n'est plus disponible (ouvrage épuisé). Dans ce cas, il vous adressera une autorisation particulière et les droits à acquitter feront l'objet d'une facturation indépendante du contrat signé par votre établissement.
Quel est le montant de la redevance?
Actuellement, pour un volume maximal de 180 pages reçues par un élève au cours d'une année, la redevance est fixée à 10 francs par élève et par an (1,52 euro).
Cette somme correspond aux photocopies de publications protégées que vous réalisez et que vous distribuez à vos élèves dans le cadre de vos cours (à titre d'information, les photocopies effectuées par les élèves sont autorisées à titre gratuit par le CFC).
Ce montant doit être revu en 2003 selon les résultats de l'étude sur les pratiques reprographiques menée actuellement par le ministère de l'Éducation nationale et le CFC.
Qui paie la redevance?
Chaque année, votre établissement déclare au CFC le nombre d'élèves inscrits. Le CFC calcule le montant de la redevance due (à raison de 10 francs par élève) et lui adresse la facture correspondante. Cependant, votre établissement reçoit du ministère de l'Éducation nationale une subvention correspondant à ces droits de copie.
Conformément au protocole d'accord signé avec le CFC en novembre 1999, c'est le ministère qui prend en charge le financement des droits de photocopie pour les établissements secondaires (il faut noter que ce n'est pas le cas des écoles primaires, ni des établissements d'enseignement supérieurs).
Que peut-on photocopier sans payer de droits?
Vous pouvez photocopier librement tous les documents qui ne constituent pas des oeuvres protégées (lois, décrets, jugements...), les oeuvres tombées dans le domaine public, et les publications protégées dont la photocopie est autorisée par le CFC à titre gratuit (ces différents types de publications sont détaillées pages 10 et 11). La courte citation est également libre de droits
elle consiste en la reproduction d'un court extrait d'une oeuvre (texte, figure, schéma, détail d'une oeuvre artistique, deux ou trois mesures de musique), intégré dans un texte original que vous avez rédigé. Vous devez, bien entendu, indiquer systématiquement les références bibliographiques de l'extrait ainsi copié.
Le CFC s'occupe-t-il aussi des droits numériques?
Non, le CFC ne gère que les droits de reprographie. Cette dernière est définie comme la reproduction sous forme de copie sur papier ou support assimilé par une technique photographique ou d'effet équivalent permettant la lecture directe.
Pour photocopier des pages de cédéroms ou des pages de sites internet en toute légalité, l'autorisation est à demander aux titulaires des droits.
Quel est le statut du CFC?
Le CFC est doté d'un statut particulier, imposé par le Code de la Propriété intellectuelle (CPI) c'est une société privée de perception et de répartition de droits d'auteur (SPRD, article L 321-1 du CPI). II est géré paritairement par des sociétés d'auteurs, des éditeurs de livres et des éditeurs de presse. Chaque année, il remet un rapport d'activité au ministère de la Culture qui lui délivre un agrément d'une durée de 5 ans. Ainsi, l'agrément accordé en 1996 a été renouvelé en 2001.
Pour toutes informations complémentaires sur la législation, le CFC, les contrats proposés et les enquêtes,
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N'hésitez pas à consulter le site internet du CFC http://www.cfcopies.com
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