LA CULTURE GENERALE EN CPGE ECONOMIQUES ET COMMERCIALES

 


 

 

1. Présentation de la discipline.

2. Les épreuves des concours.

3. Le programme officiel.

4. La culture générale au lycée Carnot.

 


 

 

1. Présentation de la discipline.

 

En voie économique comme en voie scientifique, la culture générale occupe 6 heures de l’emploi du temps hebdomadaire. Cet horaire est généralement partagé en deux blocs de 3 heures, l’un confié à un professeur de lettres, l’autre à un professeur de philosophie. L’approche proposée tire son originalité de cette conjonction des lettres et de la philosophie réunies sous le signe de la culture.

 Difficilement définissable, le concept de « culture générale » s’avère extrêmement fructueux à l’usage par le décloisonnement des disciplines et la circulation des savoirs qu’il instaure. Les lettres et la philosophie croisent leur regard ; mais les sciences et les arts sont également convoqués et mis en résonance à la faveur de cet effacement des frontières entre les disciplines, les siècles et les pays : Hésiode éclaire Picasso ; Wagner fait écho à Mircea Eliade ; Levi-Strauss dialogue avec Aristote ou Baudelaire.

La collaboration étroite et amicale des professeurs de lettres et de philosophie est de règle à Carnot et se révèle également fructueuse dans le partage de la préparation aux diverses épreuves proposées par les concours : les professeurs de lettres se chargent plutôt de l’apprentissage des exercices de contraction et de synthèse de textes ; les professeurs de philosophie s’occupent plus particulièrement de la dissertation qui reste cependant une dissertation de culture générale, nourrie par des références très diverses venues de chacun des cours proposés. Dans l’étude du thème de la seconde année, qui se fait dans la concertation régulière entre tous les enseignants, ceux-ci invitent les étudiants à des découvertes intellectuelles et esthétiques propres à les intéresser et à les enrichir, au-delà de la stricte préparation des concours.

   Il ne s’agit donc pas seulement au cours de ces deux années d’acquérir des connaissances érudites ou décoratives, mais d’apprendre à s’en servir pour réfléchir. Si nous voulons comprendre notre monde et les problèmes que nous y rencontrons, il nous faut comprendre comment s’organisent les cultures humaines, leurs diverses dimensions, leur histoire.

 


 

 

2. Les épreuves des concours.

 

L’ECRIT.

 

En ce qui concerne l’écrit, les cours de culture générale  préparent d’une part à la dissertation, d’autre part à la contraction et à la synthèse de textes.

 

La dissertation

 

La dissertation, d’une durée de 4 heures, porte sur un sujet qui se rattache  au thème de réflexion étudié pendant la deuxième année. L’épreuve vise à apprécier la capacité du candidat à mener une réflexion autonome et cohérente sur le sujet en exploitant ses connaissances tant philosophiques que littéraires.

 

La contraction et la synthèse de textes

 

La contraction se décline en deux versions : la contraction de type HEC, la contraction de type Ecricome. La contraction de type HEC, d’une durée de 3 heures, consiste à résumer un texte d’environ 4000 mots en 400 mots (avec une marge de 20 mots en plus ou en moins). Un style concis doit permettre de produire un texte autonome rendant compte de façon fidèle et précise de l’argumentation du texte initial en en respectant la progression. La contraction de type Ecricome, d’une durée de 2 heures, vise les mêmes objectifs sur un texte plus court qu’il s’agit de résumer en 250 mots (avec une marge de 25 mots en plus ou en moins) ; elle doit comporter un titre.

La synthèse de textes, intitulée plus précisément « Etude et synthèse de textes », d’une durée de 4 heures, a été préférée à la contraction par l’ESCP-EAP et quelques autres écoles ; elle consiste à confronter, en dehors de toute appréciation personnelle, les réponses différentes que trois auteurs apportent à un problème commun qu’il convient d’abord de dégager. Elle se réalise en 300 mots (avec une marge de 30 mots en plus ou en moins).

 

L’ORAL

 

Les modalités de l’oral, c’est-à-dire des épreuves d’admission, sont extrêmement diverses selon les écoles qui expriment sur ce terrain leur spécificité. On distinguera deux grands types d’épreuves : l’entretien, l’oral de culture et sciences humaines.

 

L’entretien

 

L’entretien revêt des formes très diverses. Il convient de mettre à part l’épreuve spécifique pratiquée à HEC, c’est à dire le « face à face » d’aptitude au management. Après l’avoir définie, nous traiterons de l’entretien de motivation et de personnalité tel qu’il est pratiqué par la quasi totalité des autres écoles.

 Le Face à face vise à placer successivement le candidat dans trois rôles différents : en tant que « convainquant », il tente d’imposer au candidat qui lui fait face sa thèse sur un sujet qu’il a préparé pendant 15 minutes. En tant que « répondant », il répond au « convainquant » en exposant son propre point de vue sur le sujet (qu’il ne connaît pas par avance). En tant qu’ « observateur » enfin, il évalue les performances respectives des « convainquants » et « répondants » et doit en rendre compte devant les examinateurs au cours d’un bref entretien individuel (on trouve des informations détaillées sur cette épreuve dans une rubrique spécifique du site).

Les entretiens de motivation et de personnalité sont pratiqués par les autres écoles selon des modalités très variées. Le candidat  est en général confronté à un jury composé de deux ou trois personnes (représentants du monde économique, membres du corps professoral ou du personnel de direction de l’école, anciens élèves...). L’entretien vise à éclairer les qualités et le potentiel du candidat pour savoir  s’il conviendra ou non à « l’esprit général » de l’école qu’il prétend intégrer, et s’il est susceptible de lui apporter des qualités plus singulières. Dans certaines écoles, l’entretien proprement dit est précédé d’un bref exposé du candidat sur un sujet qu’il a préparé pendant une trentaine de minutes. Tous ces entretiens sont affectés de forts coefficients qui en font des épreuves déterminantes pour l’admission, et qui appellent donc des conseils précis de préparation.

 

L’épreuve de culture et sciences humaines

 

Spécifique à HEC, elle se prépare en 30 minutes sur un sujet tiré au sort et comporte deux parties : un exposé de 10 minutes; une discussion de 10 minutes avec les deux examinateurs dont l’un est généralement de formation littéraire et l’autre de formation philosophique. L’épreuve vise à apprécier les connaissances du candidat ainsi que sa capacité à cerner un sujet, à organiser une réflexion, à l’exposer de manière convaincante et à répondre aussi précisément que possible aux questions qui suivent son exposé.

 


 

 

3. Le programme officiel.

 

La première année

 

Le programme officiel de première année comporte neuf points :

 

 

Ce programme vertigineux et aux contours délibérément flous n’est bien sûr pas à prendre comme une suite de chapitres à parcourir de manière systématique, mais comme une invitation à interroger les fondements de notre culture dans une perspective à la fois historique et problématique. L’énoncé de ce programme incite, à l’évidence, à mettre l’accent sur ce qui peut nous aider dans l’héritage du passé à comprendre le monde où nous vivons.

 

La deuxième année

 

La seconde année se caractérise par l’étude d’un thème renouvelé chaque année et sur lequel portent les sujets de dissertation des concours. Ce thème ne s’appuie sur aucun corpus défini à l’avance et ne s’accompagne d’aucune bibliographie officielle. Son étude s’organise donc  librement à partir de supports qui peuvent être très variés : textes philosophiques et littéraires en priorité, mais aussi oeuvres plastiques, musicales, cinématographiques... Voici quelques uns des thèmes proposés ces dernières années : le temps, le bonheur, autrui, la sensibilité, le mal, la représentation, l’échange, la croyance, la passion, la justice.

 


 

4. La culture générale au lycée Carnot.

 

De nombreuses personnalités du monde intellectuel, politique et économique sont passées par le lycée Carnot. Parmi les anciens professeurs, on trouve notamment le philosophe Maurice Merleau-Ponty ; et parmi les anciens élèves, René Rémond, Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, Gilles Deleuze, Claude Lefort... Ces quelques noms suffiraient à classer le lycée Carnot parmi les lieux chargés d’histoire et de culture, ces « lieux où souffle l’esprit ». Aujourd’hui les élèves de classes préparatoires retrouvent  à Carnot la flamme toujours allumée de la culture reliée à la réflexion sur le temps présent. La collaboration étroite des professeurs de lettres et philosophie se traduit dans la conception du cours de culture générale, mais aussi dans un certain nombre de partenariats privilégiés avec de prestigieux établissements culturels de la capitale.

 

Le Louvre, d’abord, avec lequel nous entretenons depuis des années une fructueuse collaboration. Elle se traduit par la participation régulière de nos étudiants aux conférences de l’Auditorium. Signalons en particulier que chaque année une conférence est consacrée au thème de deuxième année. Des visites dans les différents départements des collections permanentes du musée, facilitées par différentes formules de laissez-passer, illustrent ces conférences. Il va de soi qu’en fonction de nos intérêts et de l’actualité des expositions, nous savons aussi diriger nos pas vers d’autres grands musées parisiens comme Orsay, Beaubourg, le Grand Palais.

 

Les théâtres nous accueillent également, la Comédie française en priorité, mais aussi le Théâtre de la Ville, l’Athénée, le Châtelet... Accordons une mention particulière à l’Opéra de Paris Bastille. Nos étudiants se voient proposer chaque année la possibilité d’assister à une ou deux représentations en rapport avec les thèmes du cours. Mais notre collaboration avec cet établissement va bien au-delà  et se traduit, dans le cadre du programme « Opéra et Université » par des projets plus ambitieux autour d’une des productions de la saison, incluant visite des locaux, rencontre avec des artistes, avec la direction. Dans une période où les écoles de commerce développent les formations au management culturel, l’intérêt est à la fois artistique et professionnel.

 

L’Association des classes préparatoires au haut enseignement commercial du lycée Carnot  (ACP HEC CP) qui contribue à bon nombre de nos activités culturelles ajoute enfin  deux  atouts importants à la formation des élèves de Carnot et à la préparation ajustée aux différentes épreuves orales des concours : ce sont les conférences et les simulations d’entretien.

Les conférences organisées dans le cadre du lycée Carnot permettent d’entendre des intervenants de premier plan sur de grands sujets d’actualité ou des thèmes du programme : Pascal Lamy sur la mondialisation, Franck Lestringant sur la croyance chez Montaigne, Bernard Cassen sur les mouvements « altermondialistes », Edwy Plenel sur les formes de métissage culturel, André Orléans sur les politiques monétaires...

 

Les simulations d’entretien sont organisées à trois reprises dans l’année : une fois pour les première année ; deux fois pour les deuxième année. Elles donnent aux élèves l’occasion d’être confrontés, dans des conditions très proches de celles des concours, à des jurys composés de deux ou trois personnes issues des grandes écoles et du monde de l’entreprise.