Les mathématiques en CPGE économiques et commerciales, voie scientifique
1.Présentation de la discipline
Le programme des deux années couvre trois domaines principaux :
analyse,
algèbre linéaire et bilinéaire
probabilités et statistiques.
Il comprend aussi une partie d’algorithmique (étude et programmation en Pascal d’algorithmes classiques, comparaison de leurs performances). Il est réparti sur les deux années de préparation .
Son objectif est que les étudiants disposent d’outils qui sont essentiels aux sciences de l’économie et de la gestion.
Le programme est ambitieux, car la plupart des théorèmes fondamentaux qui y figurent sont intégrés dans leur référentiel théorique et démontrés in extenso.
Il est exigeant car il demande beaucoup de travail, des efforts d’abstraction et de rigueur.
Mais il est passionnant et généreux car il donne en retour des clés pour la compréhension du monde contemporain: compréhension de modèles probabilistes, analyse statistique, méthodes d’optimisation etc. Il forme à la rigueur intellectuelle, dont le champ d’application déborde largement les limites des mathématiques.
Pas de panique ! l’expérience prouve que des étudiants, au départ très moyens, voire perdus , progressent énormément s’ils travaillent en tenant compte des conseils de leurs professeurs.
En revanche, les « fumistes », même s’ils sont catalogués « brillants » devront se réformer pour réussir. Il leur faudra apprendre un peu l’humilité et surtout développer leur puissance de travail et de concentration.
2. Les épreuves des concours.
Epreuves écrites :
Le nombre, le poids et la difficulté des épreuves varient beaucoup suivant les écoles. Par exemple :
L’ESCP (Ecole Supérieure de Commerce de Paris), l’ EM-Lyon (Ecole de Management de Lyon) , l’ESSEC (Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Sociales, Cergy-Pontoise) et HEC (Ecole des Hautes Etudes Commerciales, Jouy en Josas) sont les seules qui inscrivent deux épreuves de mathématiques (de 4 heures chacune) à leur concours d’entrée .
Dans ces écoles, les mathématiques fournissent environ un tiers du total des coefficients des épreuves écrites : 9/30, pour l’EM-Lyon, 10/30 pour l’ESCP, 11/30 pour l’ESSEC et HEC.
A l’EDHEC (Lille et Nice), Audencia (Nantes) et dans les écoles du concours ECRICOME, les candidats ont une seule épreuve de mathématiques à l’écrit dont le coefficient varie entre 5 et 8.
Il est à noter que les épreuves sont en général communes à plusieurs écoles et que la tendance actuelle est à la concentration. Ainsi l’ESCP et HEC auront, pour la première fois en 2006, les mêmes épreuves de mathématiques, l’ESSEC aura une épreuve commune avec HEC et l’ESCP mais toujours une épreuve spécifique. Ces trois écoles recruteront donc sur trois épreuves de mathématiques distinctes, au lieu de quatre en 2005.
Les épreuves de l’ESCP, de l’ESSEC et HEC sont en général perçues par tous les candidats comme étant difficiles et particulièrement abstraites . Dans les autres concours, les épreuves spécifiques de mathématiques sont considérées par nos élèves comme nettement plus faciles, bien que souvent très longues.
Epreuves orales :
Seules HEC et l’ESCP font figurer une épreuve de mathématiques à l’oral. Cette épreuve est de coefficient 9/36 au concours HEC, de coefficient 8/30 au concours ESCP. Les modalités en sont les suivantes : le ou la candidat( e) prépare pendant 30 minutes un exercice ; il ou elle expose ses résultats pendant environ 20 minutes devant un jury composé de deux personnes, puis est interrogé (e) pendant environ 10 minutes sur un exercice posé directement au tableau.
3. La préparation au lycée Carnot
Le lycée Carnot comporte en voie scientifique deux classes de première année et deux classes de seconde année. L’horaire officiel de mathématiques dans ces classes est de 9 heures par semaine, dont 2 heures de travaux dirigés, par demi -groupe.
L’équipe des huit professeurs de mathématiques des CPGE économiques et commerciales du lycée Carnot (voie économique et scientifique) est soudée et s’occupe en commun de la préparation de tous nos étudiants . Les professeurs donnent , dans la même voie, des sujets de devoirs communs et interrogent en khôlle dans les classes de leurs collègues, ce qui leur permet de suivre plus facilement les progrès et difficultés de leurs étudiants.
En première année sont mises en place les notions essentielles: suites, séries numériques, limites, continuité, dérivabilité des fonctions de R vers R, intégrale d’une fonction continue sur un segment, espace vectoriel sur R et C, calcul matriciel et réduction, espaces probabilisés et probabilités discrètes.
En deuxième année, une part importante du temps est consacrée à des révisions du programme de première année (cours et exercices). C’est pourquoi, nous n’organisons pas de séance en demi -groupe et les élèves ont 11 heures de mathématiques par semaine. Nous apportons aussi les compléments suivants qui figurent au programme :
espaces euclidiens , continuité et dérivabilité partielle des fonctions de plusieurs variables avec application à la résolution de problèmes d’optimisation.
intégrales généralisées, variables aléatoires à densité, éléments de statistique inférentielle.
Concours blancs : deux concours blancs sont organisés en première comme en deuxième année. Ils classent sur des épreuves communes les élèves des classes parallèles, leur permettant ainsi de se situer dans une promotion de 70 à 90 personnes.
Conclusion
Les professeurs de mathématiques du lycée Carnot sont conscients du choc que représente en général pour un élève, le passage en classe préparatoire. Ils apprécient la diversité d’origine de leurs étudiants qu’ils essaient de faire progresser en privilégiant l’apprentissage de l’autonomie plutôt que celui d’un catalogue de recettes à courte vue.
Nous sommes fiers que l'un de nos étudiants ( Benjamin Lancar) ait été reçu premier au concours de l'ESCP et premier au concours de l'ESSEC 2005