| Recherche alphabétique des descripteurs de la classification Dewey
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Melvil DEWEY et la CDD :
(Note extraite de l’ouvrage de Annie Béthery, Abrégé de la classification décimale de Dewey, Editions du cercle de la librairie, 1993)
« Né en 1851 dans l'Etat de New York, Melvil Dewey joua un rôle de premier plan dans le domaine de la bibliothéconomie américaine, et même mondiale. Jeune bibliothécaire au Amherst Collège, il publia, dès 1876, la première version de sa classification, fut à l'origine de la première revue professionnelle, « Library Journal », devint secrétaire, puis président de l'American Library Association.
C'était un homme soucieux de simplification et de normalisation. Outre ses activités professionnelles, il milita activement en faveur de la réforme de l'orthographe (il abrégea d'ailleurs son prénom de Melville en Melvil, et ses préfaces en orthographe simplifiée sont assez difficiles à lire pour le non-initié), ainsi que pour l'adoption du système métrique aux Etats-Unis. Mais il comprit aussi l'intérêt et la nécessité pour les bibliothèques de recruter un personnel qualifié et fonda la première école professionnelle, en 1887, à l'Université de Columbia.
Son nom reste surtout attaché à cette classification décimale (en abrégé DDC ou, en français, CDD) dont il a élaboré douze éditions
avant sa mort en 1931. A partir de 1924, il confia l'exploitation de la classification au Lake Placid Club Foundation, organisme sans but lucratif. Le Decimal Classification Editorial Police Committee est aujourd'hui chargé de la politique d'édition. A la Bibliothèque du Congrès de Washington, le bureau qui assure l'indexation en Dewey des fiches vendues aux bibliothèques américaines se charge en même temps de la préparation des nouvelles éditions. Les Forest Press, créées par le Lake Placid Club Foundation pour la publication et la commercialisation de la DDC, font partie depuis 1988 de l'OCLC (Online Computer Library Center), qui diffuse ses services auprès d'environ 8000 bibliothèques d'Amérique, d'Asie et d'Europe.
La 18e édition a paru en 1971. Sa traduction intégrale, réalisation attendue par tous les bibliothécaires de langue française, a été effectuée sur l'initiative et sous le contrôle de Geneviève Guillien, ancien administrateur civil, bibliothécaire de la ville de Lyon, par le Groupe lyonnais de Classification, en collaboration avec des bibliothécaires canadiens du collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière . La 19e édition date de 1979 et la vingtième a été présentée au Congrès de l'IFLA à Paris, en 1989. L'ASTED (Association pour l'avancement des sciences et des techniques de la documentation, Montréal) devrait en préparer une version intégrale de langue française.
Si la Classification de Dewey a connu un tel succès, aux Etats-Unis puis dans d'autres pays, on peut assurer qu'elle le doit à sa notation. Celle-ci a d'abord l'avantage de sa clarté et de sa lisibilité : un groupe de chiffres, qui se lit d'un bloc, se retient beaucoup plus facilement qu'un groupe de lettres. De plus, les chiffres sont universellement employés, alors qu'il existe dans le monde plusieurs alphabets. Elle a ensuite l'avantage d'être extensible : la décimalisation permet, à chaque nouvelle édition, d'introduire des notions nouvelles (il suffit d'ajouter un chiffre à l'indice correspondant à la notion plus générale à laquelle on peut les rattacher). C'est ainsi que la psychanalyse (150.195) a trouvé sa place en psychologie. On peut enfin utiliser des indices plus ou moins détaillés, selon l'importance de la bibliothèque, ou, dans un même établissement, proportionner la longueur des indices au nombre de volumes prévu dans chaque domaine. Il convient pourtant de se méfier des indices trop courts, qui se révèlent vite inadéquats quand le nombre de volumes s'accroît. »